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mosign pour l'exposition: LE
VESTIAIRE
1-SANS ETIQUETTE / installation avec la maison Martin Margiela. "Propos: questionnaire à envoyer sous mode fax à la Maison Martin Margiela concernant leur étiquette de vêtement. Ceci met en scène deux éléments-clé de la personnalité de Marigiela: le fait qu'il ne réponde jamais à une interview en direct, mais toujours sous forme de fax et d'autre part que son souci de ne pas rentrer dans un système de mode se manifeste aussi dans ses fameuses étiquette sans label" Frédéric Denis et Frédéric Jacquemin - commissaires.
2-
BRADERIE D'IDEES SUR LA MODE BRADEE Luca Marchetti
/ article pour le catalogue de l'exposition. Que cela soit clair pour ceux qui ne l'auraient pas déjà lu ou entendu quelque part, nous vivons aujourd'hui une époque particulière : celle de la contamination. Et la majeure partie de ce qui a été créé pendant les deux dernières décennies, de l'architecture de Robert Venturi et Charles W. Moore aux collections de Martin Margiela en passant par la musique du duo Coldcut, participe d'un processus - plus ou moins raffiné - de recyclage d'objets et de signes déjà existants que l'on a recombinés pour qu'ils signifient autrement. La mode à l'époque du sampling ressemble à une grande braderie de symboles au fonctionnement circulaire : l'imagerie officielle des podiums et des revues nourrit " la mode de la rue " mais, à son tour, cette mode officieuse finit par inspirer celle qui prétend s'écrire avec un grand M. Selon la vieille théorie du trickle down, la mode passerait des classes élevées qui l'inventent, à celles plus basses qui la vulgarisent. Ce parcours serait suffisamment lent pour que, lorsqu'une mode arrive en bas de l'échelle, on ait eu le temps, en haut, de passer à autre chose. Des points de vue plus contemporains, entre autre celui de la sélection collective, nous apprennent au contraire que la mode n'a plus grand chose à voir avec la lutte des classes. Et que dans une société qui a préféré à cette définition des groupes sociaux celle de styles de vie, ou encore celle de styles perceptifs (manières de percevoir l'expérience), la mode se diffuse plutôt sauvagement, comme une sorte de virus qui s'attaque aux individus sensibles aux signes, faisant ainsi l'économie des classes et des styles de vie. C'est essentiellement pour cela que des vêtements comme certains habits militaires ou les sacs Louis Vuitton sont achetés presque sans distinction d'appartenance sociale. Face à cette transversalité où l'image du produit est presque plus importante que le produit lui-même, la consommation de mode devient une activité productive : nous consommons les images et les produits proposés par le marché pour enfin les détourner et les transformer en quelque chose d'autre. C'est ce qui nous arrive lorsque nous passons l'après midi devant les vitrines des boutiques dans les rues commerçantes pour ensuite reproduire autrement les styles repérés, à un moindre coût, en allant acheter ailleurs ; ou encore lorsque nous achetons des joints en plastiques pour en faire des bracelets… Et il s'agit d'un phénomène qui dépasse largement le domaine du style. Cela se produit aussi dans les villes lorsque des sites conçus pour incarner certaines valeurs finissent par en communiquer d'autres, comme la place en marbre du Mont des Arts à Bruxelles, récupérée par les skateboarders en dépit de son apparence solennelle, ou encore le quartier-modèle des Halles à Paris, devenu théâtre du folklore des banlieues… Ce détournement opéré par monsieur tout le monde fonctionne comme une résistance qui lui permet de s'approprier certains biens de consommation selon l'usage qui lui convient le mieux en oubliant l'interprétation qu'en suggèrent les marques. C'est une logique propre à la mode et à la culture populaire, mais aussi aux marques qui veulent en être l'expression. Des marques comme H&M ou Zara, entre autres, en sont des exemples flagrants. Elles s'inspirent directement de la mode des créateurs, mais elles en vulgarisent l'imagerie et surtout les prix. Elles fidélisent une clientèle attirée par ce shopping pas cher, qui est aussi très consciente du processus de transformation stylistique mené par la marque et qui l'assume entièrement comme faisant partie intégrante de l'irrévérence que cette mode réserve à la Mode. C'est une sorte de philosophie marchande qui quelque part entend agir " contre " le système hégémonique. Elle en partage les valeurs mais elle en détourne les logiques. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si les modes populaires qui ont le plus de succès sont justement celles qui présentent en même temps une référence directe à la Mode et sa contestation patente : tout le monde veut un porte-clé Prada mais on fait tout pour l'acheter de contrefaçon… De toute manière, au delà des lois du marché, il serait intéressant de cesser un instant de chercher dans la mode bradée ces mêmes valeurs esthétiques exprimées par la mode des créateurs. Ce sont deux sphères culturelles très différentes, nous ne devrions pas être surpris qu'elles communiquent différemment. En revanche, le système des biens de consommation est un miroir plutôt fidèle de l'évolution des liens sociaux et des rapports de pouvoir au sein d'une communauté. (Re)commençons d'ici, nous verrons que la braderie aussi a des histoires intéressantes à nous raconter. To be continued.
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